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dimanche 29 décembre 2013

Courrier des lecteurs : votre Top 10



Cher médiateur,


A la vue de votre Top 10 de l’année, je m’étonne qu’une structure se déclarant aussi collaborative que la vôtre fasse aussi peu de cas des avis de vos lecteurs, pourtant eux aussi éclairés. Pourquoi ce choix de fonctionnement quasi-soviétique à l’heure où tous les acteurs majeurs de la culture web ont compris depuis bien longtemps que leurs contenus avait tout à gagner de l’instauration d’une logique plus participative où journalistes et consommateurs vivent en bonne harmonie pour aboutir à un consensus riche de sens ? Je me permets d’ailleurs de vous dire que j’ai fort peu apprécié votre Top 10 qui ne contient aucune adaptation de romans de Stéphanie Meyer ni le moindre film avec Kad Merad, ce qui ressemble à une provocation peu glorieuse de votre part. SI je vous reste encore fidèle pour le moment, faute de mieux sur le marché du web, j’attends de votre part une remise en cause de fond. 


Tout de même bien cordialement,


Marc Lévy (Neuilly-sur-Seine, France)

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Cher Marc,

Merci tout d’abord de votre confiance, il est toujours appréciable d’être suivi par des auteurs de votre ampleur et je ne peux que me féliciter au nom de toute la rédaction que Salles lumineuses et toiles obscures soit déjà devenue une référence en matière de bon goût, domaine que vous connaissez si bien. Cela étant, il est vrai que nous n’avions jusque-là pas encore pris le temps de traiter et synthétiser les nombreux courriers de lecteurs nous faisant part de leurs coups de cœur de l’année, la rédaction étant comme vous l’imaginez débordée par les nombreux cocktails et vernissages hivernaux que nos rédacteurs se doivent d’honorer de leur présence, compte tenu de leur statut dans le milieu. A la lecture de votre courrier si justement récriminateur, la direction de la rédaction a néanmoins décidé de procéder à une nouvelle embauche spécialement pour satisfaire cette demande, me permettant ainsi de ne pas cumuler une troisième fonction, puisque je suis déjà en parallèle chargé de l’alimentation de nos nombreux poissons gambadant gaiement dans les immenses aquariums parsemés dans toute la rédaction. 

Voici donc Marc le produit de ce travail consciencieux, bien que tardif nous l’admettons,

En espérant garder votre confiance,

Le médiateur

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(Bien que les choix de nos lecteurs soient tout à fait estimables, la rédaction a également souhaité donné son avis sur chacun des films suivants, histoire de vous donner un aperçu le plus complet possible. N’y voyez bien sûr aucune défiance vis-à-vis de nos très chers lecteurs)
A ce jour, 4781 Ukrainiens ont vu Les Profs et songent à faire de Kev Adams le leader de leur prochaine révolution

1/ Doutes (Chronique du sentiment politique)
Avec Christophe Barbier et Benjamin Biolay
L’avis d’un lecteur : Quelle profondeur ! Et quelles performances d’acteur ! On savait déjà Christophe Barbier éditorialiste politique indépendant et courageux, étonnant acteur de vaudeville et accessoiriste vestimentaire de talent mais voilà qu’il se révèle aussi immense dans un rôle de sondeur philosophe tellement rempli d’humilité et si éloigné de sa propre image ! Et quel beau rôle offert à Benjamin Biolay en passionaria de DSK ! Quelle subtilité de dialogues et quelle audace de scénario ! On en sort avec l’envie de courir aux urnes pour voter ! Merci, vous m’avez redonné l'amour de la politique et la démocratie !
L’avis de la rédaction : L’abstention n’est pas prête de s’arrêter de grimper. Très belle comédie par ailleurs, pleine de moments loufoques et de répliques cultes, notamment de la part d’un Christophe Barbier très inspiré … Le cinéma, c’est peut-être un métier finalement. 

2/ Un grand mariage (A big wedding)
Avec Robert de Niro, Diane Keaton, Susan Sarandon, Katherine Heigl, Topher Grace, Amanda Seyfried
L’avis d’un lecteur : Quel bonheur de voir tous ces grands acteurs réunis pour cette comédie si enlevée et audacieuse ! Tout est ciselé à la perfection et toujours inattendu, c’est bien simple on ne voit rien venir … Et quelle belle scène sur la relation père – fille sur le plongeoir avec Robert de Niro et Katherine Heigl, on plonge avec elle ! Merci pour ce petit moment de bonheur !
L’avis de la rédaction : Il eut sans doute été préférable qu’elle se noie à ce moment-là. On sait en tout cas maintenant à quoi ressemblera le cinéma quand Hollywood se décidera à confier définitivement les scénarios et dialogues à des robots capables d’aseptiser chaque seconde à l’écran … Une belle collection d’acteurs fatigués venus toucher leur chèque dans une collection de clichés tellement bête et repoussante qu’on hésite à croire que tout cela peut être vrai.

3/ Les profs
Avec Christian Clavier, PEF, Kev Adams, Isabelle Nanty
L’avis d’un lecteur : Les adaptations de bande dessinée sont toujours de grands moments de cinéma mais celle-ci est tout simplement géniale. PEF a parfaitement réussi à capter toute la malice des ouvrages originaux, et cela grâce à un casting audacieux de jeunes acteurs très prometteurs et que l’on a hâte de revoir. Particulièrement ce Kevin Adams, il est vraiment très rigolo !
L’avis de la rédaction : Salles lumineuses et toiles obscures s’interroge sur l’opportunité de vraiment condamner le téléchargement sur Internet, en tout cas pour certains films. Quant à Mr. Adams, elle lui souhaite une carrière pleine de réussites, s’il pouvait simplement la réorienter dans une direction moins axée sur le divertissement et/ou la culture. 

4/ Blood ties
De Guillaume Canet
L’avis d’un lecteur : Après le magnifique Les petits mouchoirs qui avait tant enchanté les cinéphiles les plus intransigeants, Guillaume Canet nous montre encore une fois qu’il n’a pas son pareil pour réaliser des films audacieux dénués de tous clichés ou grosses ficelles. Quelle noirceur … on dirait du Scorsese !
L’avis de la rédaction : Guillaume Canet a en effet voulu faire du Scorsese, pas de doutes là-dessus. C’était certes peut-être une meilleure idée que de vouloir faire du Guillaume Canet, il n’est malheureusement pas certain que le résultat ne soit pas pire.

5/ Boule et Bill
Avec Franck Dubosc et Marina Foïs
L’avis d’un lecteur : Ah ah ! Terriblement drôle ! J’ai adoré le chien ! Et Franck Dubosc, toujours au sommet !
L’avis de la rédaction : Voir Les Profs.

6/ Fast & Furious 6
Avec les mêmes que d’habitude
L’avis d’un lecteur : Toujours aussi intelligent et subtil, et pourtant toujours un peu différent des précédents. Cette façon de remettre à jour le genre du western dans un univers élégant et dénué de tous clichés mercantilistes dangereux pour la jeunesse est probablement ce qui pouvait arriver de mieux au cinéma contemporain. Scénario imprévisible, dialogues terriblement fins.
L’avis de la rédaction: Une partie de la rédaction ne croit pas à l’hypothèse de l’accident mortel de Brad Walker, invoquant plutôt la thèse du karma après 6 épisodes de la saga infligés au public et un septième à venir. Une autre partie est régulièrement aperçue quittant la rédaction pour se rendre à l’aéroport Charles de Gaulle avec des sacs remplis de clous et de blocs de béton. D’autres accidents sont peut-être à prévoir à l’avenir.

7/ Vive la France
De et avec Mickaël Youn
L’avis d’un lecteur : 8 ans après Borat, il nous manquait l’adaptation à la française … C’est donc fait, Merci Mr. Youn ! A la fois plus drôle, plus subtil et plus inventif, Vive la France est un beau testament adressé au monde sur le génie de la comédie française, toujours maline et audacieuse ! Une beau pied de nez à Hollywood qui montre que le cinéma français ne se sent lui pas obligé de mettre systématiquement des blondes siliconées au casting pour attirer les badauds dans les salles !
L’avis de la rédaction : Pardon pour ça, de la part de toute la France. On a bien mérité deux ou trois autres Fast & Furious finalement.

8/ 100% cachemire
De et avec Valérie Lemercier
L’avis d’un lecteur : Jouissif ! C’est rare d’assister à quelque chose d’aussi drôle, intelligent, profond et émouvant à la fois à la fois. On rit, on pense, on pleure, tout y est … Avec en prime une satire sociale de la bourgeoisie parisienne diablement efficace et tellement actuelle. Un film générationnel qui devrait en inspirer d’autres, en tout cas on l’espère.
L’avis de la rédaction : Dans le doute, le directeur de la rédaction a dépêché en urgence un stagiaire pour revoir le film, n’étant pas sûr que notre rédacteur chargé de sa chronique ait vu le bon.

9/ Des gens qui s’embrassent
Avec Kad Merad, Monica Bellucci, Max Boublil, Eric Elmosnino, Valérie Bonneton, Lou de Laâge
L’avis d’un lecteur : Quel bonheur que de partager pendant une heure et demie les joies, les peines, les doutes et les espoirs de cette famille si attachante ! On s’identifie tellement à ces personnages si sympathiques et si profonds, et leurs préoccupations paraissent si proches de nôtres ! C’est bien simple, on n’a pas envie de les quitter !
L’avis de la rédaction : Voir Un grand mariage. Il serait par ailleurs sans doute une bonne idée que quelqu’un se dévoue pour expliquer à Lou de Laâge qu’il y a d’autres carrières tout aussi estimables que le cinéma.

10/ Very Bad Trip 3
Avec les mêmes que d’habitude, enfin en théorie.
L’avis d’un lecteur : Todd Philips a enfin compris qu’on voulait juste voir le petit gros faire des trucs rigolos ! Fini les scénarios alambiqués, les jeux d’acteurs fatigants et les répliques compliquées, on en a enfin pour notre argent cette fois ! Vive Zac Galfiakicias … Galinacéfis … oui enfin le petit gros marrant avec sa barbe quoi !
L’avis de la rédaction : La rédaction aime aussi beaucoup Zach Galifianakis … Hollywood a donc le pouvoir de tout briser, juste pour le plaisir d’être méchant et de nous casser nos jouets.


Voilà, il nous semblait utile d’également vous présenter ces films qui ont donc marqué certains de nos lecteurs au cours de l’année passée. Nous vous laissons maintenant faire votre choix parmi ceux-ci et ceux que nous vous avions précédemment proposé. Il ne nous appartient bien entendu pas d’émettre le moindre avis sur la qualité des uns par rapport aux autres. 

A l’année prochaine pour de prochains classements tout aussi pointus.

La rédaction, sauf quelques membres n’ayant pas voulus être associés à ce billet.
A noter la croix de Vin Diesel. Logique, Jésus aurait sûrement fait dans le tuning s'il était né aujourd'hui

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jeudi 26 décembre 2013

Top 10 des films de l'année 2013

Bien que Noël soit passé et que vos nombreux et inutiles cadeaux soient déballés et probablement déjà revendus sur Ebay, il vous reste pourtant le plus beau des présents, celui que vous avez attendu avec impatience toute l’année en finissant par ne plus y croire tant l’espoir avait fini par vous ronger de l’intérieur : le fameux Top 10 des films de l’année 2013 parrainé par Salles lumineuses et toiles obscures. Donnant comme d’habitude le ton à la saison des récompenses qui se clôturera plus péniblement avec les moins prestigieux Oscars et Césars, ce classement est devenu en l’espace de quelques années la référence officieuse dans le milieu du cinéma avec une longue liste de lauréats étant depuis passés à la postérité : Perdu dans l’espace en 1998, Safari en 2009, Jack et Julie en 2011, Twilight Chapitre 5 en 2012, etc … L’énonciation de tous les chefs d’œuvre que Salles lumineuses et toiles obscures a contribué à promouvoir serait trop longue, et ébranlerait trop les certitudes des cercles autorisés du cinéma international. Sans plus attendre, voici donc nos 10 meilleurs films de l’année 2013*.

*Par souci de transparence, sachez que ce classement a été établi à partir des 120 films que j'ai pu voir en 2013, mais ne prend bien entendu pas en compte les films sortis hier. Si chef d’œuvre il y a, je m'engage à réparer l'erreur lors du Top 10 de l'année 2014 qui sera j'en suis sûr encore plus attendu
Pour cette grande occasion, Jennifer Aniston a choisi d'étrenner un nouveau boyfriend

Note : 9,5 (Barème de notation)

1/ La vie d’Adèle - Chapitres 1 & 2
Drame – France (2h57)
Réalisé par Abdellatif Kechiche
Avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos
On a suffisamment parlé des nombreuses polémiques ayant accompagné la sortie de ce film pendant toute l’année pour que j’en rajoute moi-même une couche, d’autant plus que vous pouvez aller vous faire votre propre idée sur la toile et que tout cela me semble de toute façon bien moins intéressant que le film en lui-même. Plus qu’une simple amourette lesbienne à la Juliette et Juliette, l’œuvre d’Abdellatif Kechiche est en effet un film aussi redoutablement simple que gigantesque d’ambition, montrant à voir en l’espace de trois heures étonnamment courtes une fresque psychologique et sociale hypnotisante de beauté et de vérité à la fois, ce qui est rare. Peut-être le meilleur film français des années 2000/2010 tout court.

2/ No
Drame – Chili (1h57)
Réalisé par Pablo Larraín
Avec Gael García Bernal
No est un beau film politique sans être militant comme on en fait peu, sachant concilier à merveille son devoir d’information presque documentaire et une poésie cinématographique très aboutie. Une poésie largement facilitée par le très intelligent parti-pris d’une photographie d’époque donnant à l’œuvre de Pablo Lorrain une allure aussi réaliste que mélancolique. L’élégante interprétation de Gael García Bernal, tout en retenue et en pudeur, est aussi pour beaucoup dans la réussite d’un film qui montre que le cinéma peut être partout tant que l’intelligence est là pour l’animer.

Note : 9 (Barème de notation)

3/ Le passé
Drame – France/Iran (2h10)
Réalisé par Asghar Farhadi
Avec Bérénice Béjo, Tahar Rahim, Ali Mosaffa
En exportant sa dramaturgie en France, le réalisateur iranien de Une séparation (2011) démontre avec brio que le cinéma est universel et qu'il n'y qu'un pas de Téhéran à la banlieue parisienne. Huis clos psychologie d'une force rare, Le passé est également porté par des acteurs magnifiques de vérité, Bérénice Béjo trouvant ici la possibilité d'exprimer un répertoire tragique qu'elle n'avait jusque là guère eu l'occasion d'exprimer. Tahar Rahim prouve lui une nouvelle fois qu'il est probablement le plus grand acteur dramatique français de sa génération, et que l'on peut quasiment construire un film autour de sa simple présence à l'écran, même muette.
  
 4/ C'est la fin (This is the end)
Comédie – US (1h47)
Réalisé par Seth Rogen et Evan Goldberg
Avec Seth Rogen, Jay Baruchel, James Franco, Jonah Hill
Près de 10 ans après les premiers succès cinématographiques de la marque Judd Apatow, toute la clique de ses acteurs fétiches signent le plus grand délire de tous, pour la première fois réalisé par Seth Rogen en collaboration avec son associé habituel Evan Goldberg. C'est la fin est clairement l'aboutissement d'une décennie de catchphrases à la mitraillette et de blagues gravuleuses innocentes, décuplé par une auto-dérision un poil voyeuriste mais irrésistible d'une bande d'acteurs bien conscients de leur nouveau statut de rois de la comédie américaine. Incommensurablement drôle si l'on adhère à l'humour Apatowien parfois un peu régressif, C'est la fin est la preuve que le cinéma américain, quelque soit son budget et son ambition artistique, reste une formidable machine à faire rire avec ses surdoués du stand-up remettant sans cesse à jour son logiciel comique.

5/ Inside Llewyn Davis
Comédie dramatique – US (1h45)
Réalisé par Joel et Ethan Coen
Avec Oscar Isaac, Carey Mulligan, Justin Timberlake, John Goodman, Garrett Hedlund
Evitant subtilement les travers du film d'époque folklorique, le dernier film des frères Coen est une magnifique œuvre hantée par le froid et la malchance qui redonne à la folk music ses lettres de noblesse en la sortant de l'atmosphère de carte postale dans laquelle on l'enferme trop souvent. Visuellement superbe, Inside Llewyn Davis est une comédie dramatique clairement plus tragique que comique dont le récit suit subtilement l'errance de son héros, parfaitement interprété par un Oscar Isaac à qui les frères Coen offrent ici son premier très grand rôle.

6/ Ouf
Comédie dramatique – France (1h45)
Réalisé par Yann Coridian
Avec Eric Elmosnino, Sophie Quinton 
Premier long métrage de Yann Coridian, Ouf est un de mes coups de cœur de l'année. Film en apparence instable et hésitant cesse entre le comique et le tragique, Ouf n'en est pas moins porté par une vraie grâce et illustre subtilement la maxime disant que le comique est un tragique vu de dos. Porté par un Eric Elmosnino dans un rôle sur-mesure lui permettant d'exprimer toute la gamme de son jeu fait de maladresses et de fausse nonchalance, Ouf n'est sans doute pas le film le plus original ou le plus abouti de l'année mais contient une petite part de vérité qui suffit à le rendre unique.

7/ Un château en Italie
Comédie dramatique – France (1h44)
Réalisé par Valeria Bruni-Tedeschi
Avec Valeria Bruni-Tedeschi, Louis Garrel, Filippo Timi, Céline Sallette
Tout m'incitait à détester un film pouvant potentiellement verser dans l'auto-biographie pleurnicharde et porté par deux acteurs héritiers dont la présence à l'affiche est toujours une sorte d'injure à la méritocratie républicaine. Mais l’œuvre de Valeria Bruni-Tedeschi est en réalité bien plus que la somme de ses parties et porte en elle à la fois une drôlerie, une douleur et une beauté qu'il est difficile d'occulter, tant la partition de ses acteurs sonne juste et tant le jeu des saisons est subtilement évoqué pour donner une touche de poésie au récit. On apprend parfois plus de ses ennemis que de ses amis.

8/ Ma meilleur amie, sa sœur et moi (Your sister's sister)
Comédie dramatique – US (1h30)
Réalisé par Lynn Shelton
Avec Emily Blunt, Mark Duplass, Rosemary DeWitt
Énième preuve que le cinéma américain peut produire autant de blockbusters affligeants de bêtises que de petits films indépendants faits avec deux bouts de ficelle, My sister's sister est le deuxième film de Lynn Shelton après le remarqué Humpday (2009), déjà avec Mark Duplass et qui avait été adapté en France par Yvan Attal (Do not disturb, 2012). Pour ce second long-métrage remarquablement écrit, Lynn Shelton réunit un joli casting avec la toujours sémillante Emily Blunt, Mark Duplass, figure du cinéma indépendant américain du moment, et l'énigmatique Rosemary DeWitt, tous parfaits dans leurs rôles respectifs. Toujours drôle, parfois touchant, le film de Lynn Shelton parvient à éviter tous les pièges du film indépendant à petit budget en ne se laissant jamais embarquer dans la contemplation, l'opacité et/ou la pédanterie. Un bon moment à déguster sans aucune arrière-pensée, et qui n'oublie pas d'être intelligent.

9/ Mariage à l'anglaise (I give it a year)
Comédie – UK (1h37)
Réalisé par Dan Mazer
Avec Rafe Spall, Rose Byrne, Anna Faris, Simon Baker
Après ses multiples collaborations avec Sacha Baron Cohen, dont Borat (2006), Dan Mazer monte en subtilité sans rien perdre en fous rires avec la comédie anglaise de l'année, pas radicalement différente de toutes ses glorieuses aînées mais pas moins bonne non plus. Un pari réussi autant grâce à des dialogues et des situations très bien trouvés qu'un casting tout aussi bien réfléchi, avec Rafe Spall en gentil imbécile heureux, la de plus en plus indispensable Rose Byrne en cadre BCBG au bord de la crise de nerf, Anna Faris en américain hippie à côté de la plaque et Simon Baker alias le Mentaliste en yankee irrésistible, caricature de lui-même. On appréciera également le courage d'un film contournant l'éternel problème du happy end en proposant une réflexion pas si sotte que cela sur les prétendus coups de foudres et les mariages qui s'ensuivent. 

10/ Le prochain film
Comédie dramatique – France (1h20)
Réalisé par René Féret
Avec Frédéric Pierrot, Sabrina Seyvecou, Antoine Chappey, Marilyne Canto
Dernière livraison de la petit entreprise familiale Féret, Le prochain film est un film volontairement fait de brics et de brocs qui parvient intelligemment à traduire la précarité morale et professionnelle de ses personnages, tous excellemment interprétés par les 4 acteurs principaux. Bien que décousu et forcément inégal, le film de René Féret sait faire le difficile pari de la simplicité et en devient finalement d'autant plus attachant, sachant être tour à tour drôle ou touchant mais toujours juste. Mise en abîme cinématographique très épurée de l'ambition artisanale de son réalisateur, Le prochain film est un beau film sur le cinéma et les hommes et les femmes qui l'animent, débarrassé de toutes les postures et caricatures lui étant souvent attachées, montrant qu'il n'y a au final que la vie là-dedans et rien d'autre.


Ils n'ont pas eu les honneurs du Top 10 mais avaient quand même eu 9/10 (Barème de notation)

11.6 - Drame de Philippe Godeau avec François Cluzet (France, 1h42)
Terrible chronique de la frustration sociale adaptée de l'histoire de Toni Musulin, convoyeur de fonds le plus célèbre de France. François Cluzet bouleversant de rage rentrée et de désespoir.

Prisoners - Thriller de Gilles Villeneuve avec Jake Gyllenhaal, Hugh Jackman (US, 2h23)
Thriller pluvieux et poisseux impeccablement mis en scène par Gilles Villeneuve et parfaitement interprété par son duo d'acteurs principaux. Angoissant.

La Vénus à la fourrure - Comédie dramatique de Roman Polanski avec Mathieu Amalric (France, 1h33) 
Exercice de style diablement intelligent déroulé de main de maître par Roman Polanski grâce à un Mathieu Amalric qui prouve qu'il n'a plus rien à prouver.


Ils ont eu 8,5/10, donc il y a un petit quelque chose en plus (Barème de notation)

Rêves d'or - Drame de Diego Quemada-Diez (Mexique, 1h48)
Road-trip adolescent réaliste et poétique à la fois, un premier film sans fautes.

Les interdits - Drame de Anne Weil avec Soko et Jérémie Lippmann (France, 1h40)
Road-trip soviétique rétro et drame amoureux familial intelligemment mêlés.

Gravity - Thriller d'Alfonso Cuaron avec Sandra Bullock (US, 1h31)
Dissertation minimaliste sur le vide et la survie. Visuellement génial.

Les conquérants - Comédie dramatique avec Denis Podalydès et Mathieu Demy (France, 1h36)
Conte loufoque et malin sur la recherche de soi, moins simplet qu'il n'y parait.

Frances Ha - Comédie dramatique de Noah Baumbach avec Greta Gerwig (US, 1h26)
Scènes de l'adulescence et de l'errance. Un beau film sur l'amitié, aussi. 

Blackbird - Drame de Jason Buxton avec Connor Jessup (US, 1h43)
Chronique américaine du désespoir adolescent et de l'exclusion.

La fille du 14 juillet - Comédie de Antonin Peretjatko (France, 1h28)
Farce nouvelle génération très Monty Pythonesque qui devrait en appeler d'autres. A suivre.

Oh Boy - Comédie dramatique de Jan Ole Gerster avec Tom Schilling (Allemagne, 1h28)
Déambulation générationnelle dans Berlin. Jumeau plus cocasse de Oslo, 31 août (2012).

Sous surveillance - Thriller de Robert Redford (US, 2h05)
Crépuscule d'une génération. Émouvant hommage de Robert Redford aux luttes perdues.

Somebody up there likes me - Comédie de Bob Byington avec Nick Offerman (US, 1h16)
Dernière perle fantaisiste de la comédie américaine sans le sou. A voir après The Color Wheel (2012).

Alceste à bicyclette - Comédie de Philippe Le Guay avec Fabrice Luchini et Lambert Wilson (US, 1h44)
Carte blanche misanthrope sur l'Ile de Ré pour Fabrice Luchini. Verbe haut et pensée profonde.


Voilà, désolé pour les autres, repassez en 2014.
Jean Dujardin nous a confié en exclusivité qu'il jouerait nu dans le prochain OSS 117. Tactique classique pour figurer dans notre prochain Top 10.


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