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mardi 11 février 2014

Un beau dimanche : un air de famille



Dans le cinéma français, il y a les vrais bons films, les vrais mauvais films, et puis il y a aussi souvent tout le reste. Enième drame pseudo-intimiste produit dans notre cher pays amateur de vaine contemplation, Un beau dimanche aura au moins permis à Nicole Garcia de mettre une ligne supplémentaire sur son CV et de donner du boulot à son rejeton. C’est à peu près tout. 

Surprise ils vont finir ensemble ! Voilà, plus aucun intérêt d'aller voir le film donc

Réalisatrice au rythme frénétique (je vous en avais déjà parlé ici), Nicole Garcia est à cet égard très représentative d’un certain cinéma français désespérément accroché à l’idée qu’il lui faut produire et distribuer 200 films par an pour exister, et peu importe lesquels.

Ni vraiment mieux ou moins bien réalisé et interprété que tant d’autres, Un beau dimanche est en effet le même film que l’on a déjà dû voir 10, 20 ou 50 fois l’année dernière et ne mérite au fond sans doute pas d’être plus durement jugé que tous ses comparses. Manque de bol pour lui il fallait bien que la goutte finisse par déborder du vase et c’est donc lui qui va prendre pour tout le monde.

Comme il existe une écriture automatique, il semble bien qu’il existe dans le cinéma français une production automatique, subtil procédé qui permettrait de réaliser à l’infini des films apparemment personnels et originaux reposant en réalité toujours sur les mêmes principes exploités à la chaîne jusqu’à être vidés de leur sens même.

Un homme, une femme. Des marginaux bien sûr, tous les deux à leur façon. Usés et abîmés par la vie, mais avec jusqu’assez de force pour s’accrocher l’un à l’autre et sortir la tête de l’eau. Un secret, lourd. Une histoire de famille, de tabou. Des regards dans le flou, qui valent mille mots. Des mots tout de même, simples mais chocs, qui font réfléchir. Et puis une renaissance, parce qu’il faut sourire à la vie.

Aussi stéréotypé qu’un film de ce genre peut l’être, Un beau dimanche a au moins le mérite de ne jamais dévier de son principe premier : l’ennui. Après une première heure mille fois vue et tout à fait soporifique, le film de Nicole Garcia paraît prendre un tournant quand son final s’annonce, le nœud dramatique prêt à se défaire. Il n’en est malheureusement rien et Un beau dimanche reste finalement du début à la fin terriblement vain et d’un intérêt presque nul, à moins de n’avoir jamais vu un drame français ces dix dernières années.

Déjà pas très bien servi par une histoire franchement sans grand intérêt, le dernier épisode de la saga Garcia est en plus plombé par une interprétation d’une fadeur peu commune, Louise Bourgoin étant la seule à essayer laborieusement de donner un peu de vie à des personnages tous aussi plats et caricaturaux les uns que les autres. Si je n’aime pas tirer sur les ambulances (je sais ça paraît dur à croire mais c’est le cas), je me dois d’ailleurs ici de souligner l’interprétation absolument calamiteuse de Pierre Rochefort, à peu près aussi expressif qu’une patate douce et qui a bien de la chance d’avoir sa maman pour lui donner du boulot. Manque de pot, c’était lui qui devait porter le film. Voilà.

Certains aimeront sans doute se laisser prendre par les longs silences, les regards perdus dans le vide et les perpétuelles formules laconiques sensées dire beaucoup en peu de mots. Il y a en effet dans Un beau dimanche assez de vide à moitié rempli et de contemplation hasardeuse pour satisfaire les partisans de l’exercice de style permanent. Soit, après tout il en faut bien pour tout le monde.

Il n’empêche, on ne m’empêchera pas de penser que tout cela a un méchant air de réchauffé et qu’il faudra bien un jour s’interroger sur les raisons pour lesquelles les séries TV sont doucement et sûrement en train de remplacer le cinéma dans l’imaginaire des jeunes générations. 

En attendant, un scénario et des dialogues potables feraient largement l’affaire.



Pour vous faire votre avis par vous-même : la bande annonce



A suivre :  Un beau dimanche


Cet homme est extrêmement ténébreux

mercredi 5 février 2014

Cette semaine sur mes écrans : 5-10 février 2014

Il y a des semaines où le cinéma devient plus un passe-temps qu'une passion, faute de sorties vraiment enthousiasmantes. C'est le cas pour moi ce mercredi. Aucun des films à l'affiche ne me tente ainsi vraiment mais il faudra bien que j'aille en voir un ou deux pour justifier toute l'admiration que vous me portez, qui est je l'imagine sans bornes. 

Au choix donc parmi ce qui suit, sans garanties.
Le prochain Matrix a l'air bien space quand même.

American Bluff
Comédie dramatique - US (2h18)
Réalisé par David O. Russell
Avec Christian Bale, Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Amy Adams, Jeremy Renner, Robert de Niro
Après le soi-disant "indépendant" et très surcôté Hapiness Therapy, David O. Russell ré-embarque Bradley Cooper et Jennifer Lawrence dans un film qui menace de l'être tout autant et qui est donc logiquement nominé 10 fois aux Oscars, ceci explique cela. Porté par un casting ne laissant pas grand chose au hasard (oui ça se paie les Oscars ...), American Bluff est vraiment tout sauf un coup de bluff et n'a pas peur de parader comme s'il était le chainon manquant entre Le Parrain, Les Infiltrés et Saturday Night Fever Étant déjà très sceptique je ne risque pas d'être beaucoup déçu, ce qui est finalement peut-être une bonne raison d'y aller. Bel exemple de psychologie inversée, ce blog vous apprend tellement de choses.



Un beau dimanche
Drame - France (1h35)
Réalisé par Nicolas Garcia
Avec Louis Bourgoin, Pierre Rochefort
J'ai une relation assez ambigüe avec les derniers films de Nicolas Garcia. Pourquoi tu pleures ? avait été un de mes films préférés de 2011, 38 témoins m'avait passablement emmerdé au point de partir au bout d'une demi-heure en 2012, la promesse d'un énième déballage familial dans Tu honoreras ton père et ta mère en 2013 m'avait gonflé d'avance et je n'avais pas eu le temps de voir Gare du Nord toujours en 2013, même si j'aurais sans doute du. L'avantage avec une réalisatrice aussi prolifique que Nicole Garcia c'est donc qu'il y a à boire et à manquer et que la quantité n'est pas toujours l'ennemie de la qualité même s'il y du tri à faire. Un beau dimanche, drame romantico-familial comme le cinéma français en produit 50 par an, ne m'inspire cela dit pas grand chose dans un sens ou dans l'autre mais c'est en même temps assez rare de ne pas avoir déjà vu 90% du film après la bande annonce donc je ne m'en plaindrais pas.



Viva la Libertà
Comédie dramatique - Italie (1h34)
Réalisé par Roberto Andò
Avec Toni Servillo, Valeria Bruni-Tedeschi, Valerio Mastandrea
Je réalise maintenant qu'il est quand même probable que je privilégie les deux films précédents par simple paresse intellectuelle puisque notre petit cerveau préfère aller vers le connu que vers l'inconnu mais je vais tout de même faire au moins l'effort de vous présenter Viva la Libertà, ce qui me permettra de me sentir un peu moins coupable. Après le récent La Grande Bellezza, Toni Servillo se voit offrir un rôle pas si éloigné en la personne d'un grand leader politique lassé de la vie publique et partant prendre du bon temps à Paris et redécouvrir le sens de la vie ... oui c'est quasiment un copier-coller de La Grande Bellezza pour l'instant... mais cette fois il a un jumeau qui le remplace en Italie. Gag. Voilà, le pitch paraît étrange comme ça mais pourquoi pas, en plus il y a Valeria Bruni-Tedeschi, qui est donc italienne seulement quand ça l'arrange. Une vraie plaie ces binationaux, vivement une bonne reconduite en masse à la frontière.



J'attends par ailleurs toujours les 17 places de l'avant-première de RoboCop qui m'avaient été promises par une assistante productrice rencontrée sur la ligne 7 du métro, station Louis Blanc si jamais ça lui rafraichit la mémoire. Faute de celles-ci je ne pourrais donc pas m'y rendre cette semaine, ce qui est vraiment ballot parce que j'attendais ce moment avec impatience.

La vie continuant tout de même, bonnes séances à vous.

Et dire qu'on m'avait promis Charlotte Le Bon ...